La prévalence de la vie

Guillaume Werle au travail. Il réalise une sculpture de la série Empreintes Enveloppes

Oeuvres originales, uniques

Faites en plâtre sur une toile de lin et montées sur un châssis en bois, ces oeuvres uniques sont des compositions complexes. Le plâtre est une matière magique avec laquelle je peux donner à mes sculpture un aspect de grande fragilité, qui soutient mon propos, sans pour autant être aussi fragile qu’il y paraît. L’aspect coquille d’œuf et la blancheur de la matière dit quelque chose de la vie et évoque la pureté. La toile de lin apporte par son tressage large, de la transparence, de l’air. Le plâtre recyclable à l’infini, le lin et le bois, naturels, fond de mes sculptures des oeuvres respectueuses de l’environnement. 

Photo de Conversation, sculpture en plâtre, toile de lin et châssis en bois de Guillaume Werle

Dans le cadre de cette série que je nomme « Empreintes – Enveloppes » et développe depuis quelques années je mets en opposition l’empreinte volumique, c’est-à-dire le creux et le volume lui-même et donc le  plein. Ainsi, mes compositions sont un cubisme, en ce sens  qu’ils donnent à voir deux parties opposées d’une sculpture, la face et le dos, en même temps. Cette démarche, je l’ai mise en œuvre au service d’une nouvelle expression plastique.

Je réunis et utilise dans cette série bon nombre des principes et des techniques que j’ai employé par le passé. J’utilise pour ces nouvelles compositions, la terre, le plâtre, mes connaissances du moulage et de l’estampage ainsi que des objets de récupération.

Sculpture en plâtre toile de lin et châssis bois, Promenade, de Guillaume Werle
Photo de la sculpture de Guillaume Werle, Complicité, faite de plâtre, toile de lin et châssis en bois.

Des matériaux respectueux de l’environnement

Très préoccupé par les questions environnementales depuis le début de mon parcours, j’ai longtemps senti une hésitation et une retenue dans l’exercice de mon travail parce que je ne trouvais pas le chemin d’une création respectueuse de l’environnement. Le travail autour des Tutus en acier recyclé était un peu sous tendu par cette question et le fait d’utiliser des matériaux de récupération soulageait un peu ma conscience de ce point de vue. Cependant, cette création n’atteint pas réellement l’objectif fixé qu’est une production artistique neutre  ( pour autant qu’elle puisse exister).

L’utilisation de terre crue, de plâtre recyclable à loisir, de toile de lin et de châssis en bois « deuxième choix »(produit avec des chutes de bois) et de matériaux de récupération me semble être bien plus proche de cette objectif.                                                                        

Photo de la sculpture Le Passage. Sculpture de Guillaume Werle faite de plâtre, toile de lin et châssis en bois
Sculpture en plâtre, toile de lin et châssis en bois de Guillaume Werle appelée Rêverie

Des matériaux pour leur sens

La terre pour ses qualités plastiques décrites précédemment est aussi une matière très précise. Elle permet une reproduction fidèle des formes et des détails. Nous retrouvons ainsi des empreintes de pattes de dinosaures dont l’analyse permet une compréhension de ce que vivait l’animal des millions d’années plus tôt.

Cette terre me sert à reproduire dans des moules (des creux) en plâtre.

Le plâtre, je l’utilise tant pour réaliser des moules, creux perdus ou moules à pièces, que pour la production de l’œuvre en elle-même. Cette matière d’abord liquide, devenant ensuite solide, est d’une très grande finesse. Elle est aussi très résistante. Je peux donc lui donner un aspect coquille d’œuf, d’apparente fragilité, qui sert mon propos.

Le plâtre issu de la transformation du gypse se recycle à loisir moyennant une cuisson.

Le lin, fibre naturelle très solide apporte une note de couleur. Utilisé comme support à mon travail, je le lie volontiers à la phrase de Louis Cane: « le châssis c’est la Croix, la toile le Linceul ». J’ai choisi pour mon travail une toile tissée large. Cette qualité apporte de la transparence et s’avère très adaptée à ma technique.

Par un jeu d’oppositions entre creux et pleins, je cherche dans ma série Empreintes – Enveloppes à troubler le regard. Donner simultanément à voir la face et le dos d’un volume. Pour cela j’assemble des parties brisées et d’apparence très fragile d’une partie d’un volume à une empreinte, c’est à dire une trace en creux.

Ainsi aurais-je l’empreinte de la plante d’un pied dans une surface de plâtre et un morceau du dessus du pied collé dans la continuité. Il est possible, des-lors de voir le dessus et le dessous du pied d’un seul regard.

Sculpture en plâtre, toile de lin, chaussons de danse, et châssis en bois. Appelée les trois états du pieds de Guillaume Werle.
Sculpture en plâtre, chaussons de danses, toile de lin et châssis bois, Pirouette, Guillaume Werle